1) Le vrai point de départ : “qu’est-ce qui vaut quoi” dans votre tiroir
Avant même de parler de prix, le tri fait toute la différence. L’erreur classique : tout vendre comme de l’or au poids… alors que certaines pièces valent mieux en revente.
3 piles à faire (en 5 minutes)
Pile 1 — Or au poids (or de casse)
- bijoux cassés, dépareillés, passés de mode, chaînes simples, alliances basiques
➡️ valeur = métal (carats × poids)
Pile 2 — Bijoux “qui se revendent”
- pièces signées, vintage/ancienne, travail détaillé, design recherché, bijoux en très bon état
➡️ valeur = métal + désirabilité + marché
Pile 3 — Pierres / montres
- diamant, pierres de couleur, perles, montres
➡️ valeur = qualité + état + papiers + demande
👉 Objectif : ne pas sacrifier une pièce “boutique” au tarif “casse”.
2) Comment une estimation sérieuse fonctionne (sans bla-bla)
Quand il s’agit d’or, une offre propre repose sur une logique simple et explicable.
A) Identification de la pureté
On parle en carats ou en millièmes :
- 24k ≈ 999 (quasi pur)
- 18k = 750
- 14k = 585
- 9k = 375
Important : un bijou peut avoir un poinçon… et ne pas être homogène partout (soudures, pièces internes, fermoirs).
B) Pesée + prise en compte des parties non-or
Une offre sérieuse distingue :
- ce qui est vraiment en or
- ce qui ne l’est pas (ressorts, vis, acier, éléments décoratifs)
C) Conversion en “or fin”
Le calcul mental à comprendre :
- poids du bijou × titre (750/585/375) = “équivalent or pur”
Exemple simple (sans chiffres de cours) :
- 10 g en 18k (750) → 10 × 0,75 = 7,5 g d’or fin
D) Application du marché + frais
Ensuite viennent :
- le prix du jour (marché)
- une décote logique (raffinage, pertes, marge, frais)
✅ Une bonne offre n’est pas forcément “la plus haute au mot”, mais celle qui explique clairement : titre retenu, poids retenu, méthode.
3) Le déroulé concret d’une vente (ce qui doit se passer)
- Contrôle rapide : poinçons, état, cohérence
- Test de métal : poinçon + test(s) selon équipement
- Pesée visible : lecture claire du poids
- Offre immédiate : montant + explication (au moins à l’oral)
- Paiement + justificatif : trace, reçu, identité demandée (courant)
👉 Ce qui compte : transparence + cohérence à chaque étape.
4) Bien choisir quoi vendre : la règle “au poids” vs “à la pièce”
Vendre “au poids” est souvent le bon choix si…
- bijou cassé / incomplet / très abîmé
- aucun intérêt esthétique ou marque
- chaîne simple, bague simple, boucle seule
➡️ Là, le but est de maximiser le métal, pas l’histoire.
Chercher une vente “bijou” est souvent mieux si…
- pièce signée ou identifiable
- style vintage/ancien, belle fabrication, détail travaillé
- set complet (boîte, facture, certificat)
- état excellent (ou restauration possible)
➡️ Là, un rachat “or de casse” peut être une perte sèche.
5) Cas qui trompent souvent (et font perdre de l’argent)
A) Bijoux plaqués / vermeil / “gold filled”
- ils peuvent “faire or” visuellement
- mais la valeur au poids n’a rien à voir avec du 18k/14k
👉 À repérer : mentions type plaqué, doublé, “rolled gold”, ou absence de poinçon fiable.
B) Mélanges de métaux
Certains bijoux combinent or + acier + mécanismes internes.
➡️ Une estimation doit tenir compte de ce qui n’est pas de l’or.
C) Bijoux avec pierres
Deux scénarios fréquents :
- la pierre est décorative/standard : valeur faible en reprise
- la pierre est réellement qualitative : valeur possible si documents/qualité/poids
L’or donne de l’honneur aux fripons, l’innocence aux coupables, et de la sagesse aux insensés. Pierre Larousse
6) Pierres précieuses : ce qui est vraiment valorisé (et ce qui l’est moins)
Diamants
Sans certificat, beaucoup d’offres sont prudentes (donc plus basses).
Avec certificat (GIA / HRD / IGI), la discussion est plus nette.
À retenir :
- petits diamants = souvent peu “payés” en reprise
- gros diamant + belle qualité + certificat = meilleure valorisation
Pierres de couleur (rubis/saphir/émeraude…)
Le prix dépend énormément de :
- traitements
- couleur
- pureté
- origine (si prouvée)
- certificat
Sans papiers, la reprise peut rester prudente.
Perles
Variabilité énorme : beaucoup de perles “grand public” ont une reprise limitée, sauf pièces premium.
7) Où vendre en Suisse selon votre objectif
Objectif : aller vite, encaisser simplement
Comptoir/acheteur d’or
✅ rapide, direct
⚠️ mieux si comparaison de 2–3 offres quand le montant est important
Objectif : maximiser une belle pièce
Bijoutier orienté revente / dépôt-vente / vente privée / enchères
✅ souvent plus intéressant pour signé, vintage, montre
⚠️ plus lent + commissions possibles + exigences (authentification, état)
Objectif : montre de valeur
Canal spécialisé recommandé (authenticité, état, set complet, révisions).
⚠️ une montre sans boîte/papiers peut être fortement décotée.
8) Questions à poser sur place (elles “nettoient” 90% des offres floues)
- Quel titre retenez-vous (750/585/375) et pourquoi ?
- Le poids est-il brut ou retirez-vous certaines parties ?
- Pouvez-vous détailler le calcul (même rapidement) ?
- La pierre est-elle valorisée ou considérée décorative ?
- Quel justificatif est remis ?
✅ Si les réponses sont nettes, vous êtes sur un process sérieux.
⚠️ Si c’est vague, pressant, ou opaque : mauvais signal.
9) Signaux d’alerte (à prendre au sérieux)
- pesée hors de votre vue
- “prix au gramme” annoncé sans préciser carats/titre
- discours pressant (“décidez maintenant sinon…”)
- refus d’expliquer la méthode
- changement de règles au dernier moment (poids/titre)
10) Mini check-list avant de sortir de chez vous
- trier en 3 piles (casse / revente / pierres-montres)
- prendre boîtes, factures, certificats, preuves
- éviter nettoyage agressif (risque de micro-rayures ou d’abîmer)
- prévoir comparaison si la vente est conséquente
- garder en tête : rapidité ≠ meilleur prix (surtout pour les pièces “bijou”)
